Arc-en-ciel de couleurs, saut dans un Plus-Que-Parfait conjugué au présent

Suite au tremblement de terre de 1839 et quelques années plus tard en 1890 au grand incendie, et autres catastrophes, qui firent ravage dans la ville de Fort-de-France ; Retour à la fin d’un XIXème siècle là où, par prise de conscience, les édiles imposent des constructions pour limiter les dégâts matériels et immatériels. La population grandissante, le centre-ville accueille un fort exode rural soulignant un renouveau de l’organisation sociale et architecturale relative à une modeste surface, privilégiant ainsi une édification en hauteur. Bas de bâtisse en ciment freinant la propagation des incendies, étages parfois en bois limitant les dommages des secousses sismiques, Fort-de-France renaît de ses cendres et laisse place à une architecture moderniste.

C’est ainsi, qu’au 24 rue Blénac, qu’une jeune femme de 25 ans, Céline, a élu pour projet son restaurant à l’éponyme d’une insolente audace, le Plus-que-parfait.

Un souvenir d’antan-lontan, tout droit sorti d’un paysage en noir et blanc, qui après une année de dur labeur, s’est coloré depuis le 1er octobre 2019, de teintes de la flore de son île natale, l’île aux fleurs.

Un souvenir passé plus que présent dans une société où pour la pause déjeuner, on aimerait disposer de son temps : quelques minutes de l’entrée à la prise de congés, quelques minutes latentes qui se transformeraient bien en heures oubliées. On y mange du beau, on y mange du bon. Finalement, on prend le temps.

Arc-en-ciel de couleurs, saut dans un plus-que-parfait conjugué au présent, bienvenu au PQP.

Immeuble en rose et bleu turquoise, le balcon ouvragé en fer forgé agrémenté de pans de verdures servant d’auvent au Rez-de-chaussée, poussez la porte de ce lieu atypique. Vous y apprécierez l’identité allégorique que Céline a donné. Du sol au plafond, c’est un océan de remembrances.

Tout est pensé, réfléchi.

Plafond et mur de fond fruités, d’autres en brique sublimés par la chaux, bancs, tables en bois poncés et colorés y sont disposés.

N’oubliez pas d’emprunter ces escaliers, où des proverbes de notre culture martiniquaise, vous élèveront là où le temps s’est arrêté : « Sé grèn diri ka fè sak diri » !

Chaises en bois rouge, chaises cannées, chaises aux influences coloniales, luminaires en nasse et vannerie, persiennes sur des lendemains de madras, fenêtres sur des paysages d’avant, on se croirait dans les Gaulettes, ces cases créoles, invités à la table de nos grands-mères, nos « Poto-mitan ».

Une lavandière aux traits de la jeune responsable y est fièrement représentée. Depuis la rivière du Lorrain, sourire aux lèvres, mains sur les côtés, les yeux rivés en direction de l’Église de Basse-Pointe, elle regarde l’avenir.

Plus qu’un restaurant, un lieu de vie en devenir…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

To top