Pour l’amour d’un cigare, voici l’histoire…

D’avenues en ruelles, un soleil dardant se reflète, et aveugle les pavés des rues où ses habitants assis sur le parapet de son Malecon, regardent la vie passer. Le bruit des vagues qui viennent s’échouer sur le rivage, les rythmes du conga, et des guitares des bons vieux musiciens grattant des cordes quasi rouillées, se mêlent aux voix rauques émanant des bars de proximités. 

Capitale de la plus grande île caribéenne, sur fond sonore de la “Tradicion no se olvida”, plongeons dans un passé conjugué à l’intemporel où Cadillac, Buick, Chevrolet, Dodge, Pontiac et j’en passe, se partagent l’affiche des Classic Cars. Au-delà des collections, ce sont de véritables moyens de locomotion quotidiennement utilisés.

Au-delà de la prohibition, sous l’œil des anciennes affiches de propagande érigeant encore El Che, retour vers un futur où fumer un Habana, était l’apanage d’une élite ivre d’ostentation et de distinction. 

Fumer le cigare, c’est comme tomber amoureux. D’abord, on est attiré par la forme ; on reste pour sa saveur, et on doit toujours se souvenir de ne jamais, jamais laisser la flamme s’éteindre”, disait Churchill.

 

Vers un aller-retour où les multiples pampilles de la ligne d’incandescence brûlent d’envie à chaque “tirage”… Renaissance d’une combustion qui se métamorphose en épaisses vapeurs à chaque bouffée entre les lèvres chastes humides de son hôte.

Alors, dans ses rues, où ses murs, ses gens, ses chansons ont toutes les couleurs de peaux, laissons-nous porter par les saveurs de ces feuilles de Tabaco roulées sur les cuisses chaudes des Torcederas, pour porter en bouche de futurs calibres numérotés. 

Pour l’amour d’un cigare, voici l’histoire,… 


Près des côtes de l’ancienne province d’Oriente, en 1492, aux alentours du début du mois de Décembre, sur le Santa Maria, un certain conquistador, fidèle compagnon de Christophe Colomb, du nom de Rodrigo de Jerez, rencontra, sur les terres “en vue”, un indien Taïnos fumant ce qui deviendra pour la première fois en Europe, el cigarro. 

Fasciné par les vertus magiques qui lui étaient confiées, notamment au X ème siècle par les Mayas, Rodrigo de Jerez décida de ramener le petel en Europe.Assis dans la cours de sa maison, Rodrigo décida d’allumer et de fumer ce dernier. Coutume inconnue en Espagne, sa femme, paniquée, persuadée que son mari était possédé, fit de son mari un emprisonné. Dix ans d’incarcération par l’Inquisition Espagnole en 1501, pour avoir fait des éclairs se dessiner dans ses yeux et sortir de sa bouche de la blanche nuée. Quelques années écoulées, en Espagne et au Portugal, ce  » précieux cylindre  » fut popularisé.

Entre André Thévet ou Jean Nicot, l’attribution de l’introduction du tabac en France reste encore controversée, mais une chose est sûre, c’est qu’il fit de nombreux émules.

Pour preuve, cet accessoire roulé, raffiné, qui, une fois en bouche, nous donne des airs de révolutionnaire à la Fidel Castro. Charismatique comme Robert de Niro, sensuel tel Demi Moore et quelque peu érotique comme Dita Von Teese, il s’érige en une architecture qui se dévoile sous calcination. 

Pas de doute, son esthétique donne le ton de la musique, et sa grosseur quant à elle, joue souvent sur la durée du plaisir. Diamètre, longueur, mélange volado-seco-ligero déterminent sa puissance.
Alors, pour le choisir, il faudrait mieux le palper, le toucher, le sentir.. le déguster.

La cape légèrement grasse, subtilement humide, les gros modules légèrement serrés sont à préférer. Numéro pris, entre vos doigts, massez…
Minutie du geste, lent et précis, chauffez la tête pour créer et entretenir la braise…
Vos lèvres humectées, léchées, épousent le calibre pour un tirage facile. Une fois gouté, laissez ses arômes de la tripe à la cape s’envoler en fumée de pensées. La brume embaume votre cavité buccale d’ineffables saveurs. Du foin au purin en passant par le divin, c’est un voyage de la Vuelta Abajo à l’embrasement du cigare. Explosion d’odeurs, tantôt boisées, poivrées, terreuses ou encore sucrées, musquées, il nous enivre lors d’une parenthèse nébuleuse.

Héritier d’une substance organique et végétale, qui a su traverser Histoire et Frontières, ce fruit défendu est devenu au fil du temps, le symbole d’un statut social.

Pour l’amour d’un cigare, à votre tour d’en écrire l’histoire !

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